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Des humeurs, des images en fonction du quotidien, des événements, des voyages, des lectures ou des scènes de ménage ! Le Olympie world ... !

Ouzbek story - part 3 Khiva

Khiva la belle se mérite ... partis de l'extrême Est du pays, nous allons devoir endurer de longues heures sous un solei3000l de plomb pour revenir à la capitale prendre un avion local qui passera allègrement les déserts que nous regardons avec souffrance en pensant que nous aurions pu être par là en bas.

Une des conditions du voyage était de s'assurer de la climatisation possible du pays. L'Ouzbekistan assure ses 45 à 55° pendant le mois d'août et le ressenti "sec" de l'affaire n'empêche l'écrasement de la moindre parcelle d'eau corporelle qu'il faut réhydrater en permanence ... Année exceptionnelle pour ses températures, nous voilà humbles touristes appréciant la moindre ombre devenue collective avec les autochtones pas moins habitués !

Nous arrivons de nuit à Khiva, nous voilà avertis sur l'air ambiant, nous arrivons à peine à respirer et la nuit laisse à peine deviner la magnificence de la vieille ville que nous bravons pour aller déguster un somptueux repas dans l'un des rares restaurants de ce lieu pourtant donné comme très touristiques. Le groupe se rarifie, quelques effets de la "tourista" dus le plus souvent à la boisson glacée (il faut le rappeler, tout le monde fait l'erreur de boire froid dans la chaleur corporelle ça provoque la bérézina que l'on sait ... boire à température ambiante d'abord pour refroidir le corps, voire du thé !).

L'hôtel vanté par tous les guides est vieillot et étouffant ... notre clim capricieuse nous fera ouvrir grand les fenêtres bravant les bruits de la nuit ... le ville est annoncée comme un parc d'attraction, l'histoire revisitée par un "Violet Le Duc soviétique" ...

3016Khiva la belle ... la remise en état des céramiques bleu/vert recouvrant certains édifices, les couleurs de terre, les élancements éléguants des édifices m'enchantent immédiatement, même si l'on doit en permanence assurer la pose des pieds entre marches et pavés déstructurés ... L'on ne peut s'empêcher de se souvenir de notre enfance dans les ruines de châteaux-forts, imaginant la vie du moyen-âge ... ici nous y sommes, l'on s'attend à voir surgir les caravanes de chameaux au coin de la rue, à voir des foules réunies sur la place pour assister aux exécutions d'ennemis du Khan ... et les quelques magasins de souvenirs étalent des tissus de couleurs bigarrées qui, en clignant des yeux face au soleil, nous feraient croire en la foule des marchands venus des 4 coins du pays par la Route de la soie.

L'Ouzbékistan est la plaque tournante de cette route devenue "rêve" de nombreux aventuriers - aujourd'hui3002 touristes en mal de culture et d'émotions face aux merveilles produites par les bénéfices qui échappaient aux brigands ... C'est dire de la magnificence de ces "villes-étapes" construites par les seigneurs locaux, soucieux de laisser leur empreinte face à celles de leurs prédécesseurs.

Les marchands qui bravaient les routes vantaient aussi aux étapes suivantes la richesse des lieux, ce qui a suscité les convoitises de bien des chefs en mal de territoires ... qui par la même détruisaient ce qui les faisant rêver, ainsi est l'homme ...

Pour l'heure, je suis surpris du calme de la ville, quelques touristes (à 50% français) bravent la chaleur étouffante en rasant les murs pour se repaître à souhait de ces somptueux décors.

Les "intérieurs" sont restaurés en partis mais ne présentent rien de très intéressant et les loges des étudiants des médersas abritent désormais le plus souvent des marchands de souvenirs chinois ... tous les mêmes ... J'exagère bien sûr,l'artisanat de pays est tout de même présent, des fabriquants de marionnettes - pas à mon goût -, de lutrins en bois sculpté - un peu trop ouvragés -, de céramiques venues de tout le pays - rien que de la grande production trop déjà vue - ... de la chapka et des robes en soie - oui mais avec 50° ça fait pas rêver ...

Un vague musée montre LE président ouzbek en visite. S'en suit une discussion sur les régimes présidentiels. Je trouve qu'il a des airs de DSK, un peu massif mais une certaine élégance que j'aime bien. A l'hôtel, un vieux Marianne m'a ramené sur l'affaire, ce qui alimente énergiquement le déjeuner d'un groupe réveillé par l'opinion sur l'emprise d'un seul homme sur l'actualité ... mondiale (DSK) et ici nationale (Karimov) ...

La vraie surprise est ici dans le mausolée du "saint" local, un lutteur jamais battu, et désormais vénéré pour la postérité ! C'est étonnant et magnifique, des céramiques bleues du sol au plafond, des coupoles aériennes qui rivalisent de finesse contrastant étonnamment avec la simplicité des monuments funéraires blanchâtres.

3102Départ tôt, le 5 août (ça permet de situer) vers les lointaines forteresses du désert, dans la République indépendante de Karakalpakie (tiens pas en "stan" qui aurait donné Karakal-pakistan ...) ... Les limites de l'empire et les caprices d'un fleuve qui a changé sept fois de lit ont laissé des villes entières dans ce qui est maintenant une lande aride. Il n'en reste que l'apparence de citadelles plus ou moins en état, mais l'on a envie de sortir sa pelle histoire de fouiller ces lieux chargés d'histoire que l'on peut imaginer grouillant de vie ...

D'une des capitales, il ne reste que quelques pans de murs de terre, l'histoire est sans pitié pour les Hommes, constructions et cimetières, tout est parti entre vents brûlants et neiges agressives car ici les extrêmes sont des réalités redoutables.

De ces quelques jours en Ouzbékistan, il faut parler de notre "premier" guide - professeur de français dans un collège le reste du temps - avec sa volonté de nous mettre au frais aussi souvent qu'il le peut : l'ombre du prunier admiré dans la mosquée, celle de la médersa pour l'histoire complexe de ces "rois" qui ont fait le pays, la salle réfrigérée du restaurant ou de l'hôtel pour les discussions plus sociologiques sur le quotidien de l'ouzbek "moyen". Prévenant, soucieux de notre bien-être, je lui dédie un de mes billets écrit devant une bière locale salvatrice.

Le professeur

Regardes, comprends,3700

C'est mon pays,

L'Ouzbékistan !

Des Hommes sont passés ...

Rudes guerriers, poêtes savants

L'ont façonné de leur culture.

Beautés des villes et des champs

Marbres et verdures

Ont rassasié des millénaires.

De la chaleur du ciel

N'ayez pas peur

Vous retiendrez

Celle des coeurs !

Vous regarderez ...

Vous comprendrez ...

... et vous reviendrez !

Mon poème aura eu du sens, alors que nous partons pour découvrir le Turkménistan pour 5 jours, nous galérons à la frontière pointilleuse. Après 4 heures d'attente sous un soleil de plomb, je me vois obligé de regagner l'Ouzbékistan car l'agence a donné le numéro de mon ancien passeport ! Le groupe exténué se réfugie dans les voitures, pressé de découvrir le pays, moi je vais patienter pour regagner Khiva, car c'est l'heure extensible de la pause. L'on teste ici le réglement administratif du pays, le bon vouloir des hommes, les inégalités entre locaux et touriste égaré dans cette frontière que l'on imaginerait plus du côté de Gaza, la compétence d'ici alors que la France "se moidoutise" dans son absence !

Je retrouve quelques heures plus tard l'Islambek (dans son annexe neuve bien plus sympathique), et découvre la vie de celui qui se promène seul désormais dans la ville désertée curieusement de ses rares touristes. Les tours opérateurs amènent leurs groupes des mêmes avions vers les mêmes lieux et dans le même temps ... hors ses rythmes, les sites sont vides de tout âme autre que locale, ce qui n'est pas un mal en soi. Je traîne alors hors les murs, découvre des parcs et palais insoupçonnés, je suis abordé par des femmes timides, maîtresse d'école qui boitille fière de son français retrouvé, deux paysannes qui m'offrent des raisins invendus pour me rafraîchir, étonnées et flattées de ma présence dans ce pauvre quartier ...

Cette dernière soirée dans Khiva est un enchantement, la lecture devant le palais, regarder chaque chose dans le temps solitaire du moment, c'est finalement un beau cadeau ... je fuis les vilains touristes italiens vculgaires et trop nourris dans ma musique puis dans l'étonnant livre de Marc Dugain prêté par D. à la frontière ... "L'insomnie des étoiles" ... augurant un bonne - mais courte - nuit dans la fraîcheur de ma chambre !

3801

 

 

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